| | Photos Sexy
Bonjour, merci de vous présenter a nos lecteurs
| | Nath Sakura
Cela a tout d’une mission impossible ;)
Disons, pour être simple, que je suis une photographe de 33 ans, qui vit dans le sud de la France, qui élève sa fille avec sa compagne, et qui court après ses rêves comme d’autres courent après les papillons.
J’aime à dire que je suis une « fille en plastique » pour habiller d’humour le fait que je suis transsexuelle. Un « détail » de ma personnalité qui explique beaucoup de mes photographies, dans lesquelles j’essaie d’expliquer à ce qui ne le connaissent pas, le mystère de ce passage. L’étrange lieu où l’on peut se trouver lorsque, débarrassés des contingences de notre sexe, nous nous élevons au-dessus des contraintes d’un monde misérablement bipolaire.
Je suis par ailleurs passionnée, à titre personnel et artistique, par l’imagerie fetish et la symbolique SM, qui trace les lignes de force de mes photographies. En essayant toutefois d’en tirer autre chose que le simple érotisme afin d’aller voir « plus loin », derrière ce que les apparences nous masquent.
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Quel est à ce jour votre parcours professionnel?
| | Nath Sakura
Je suis photo-reporter dans un quotidien du midi de la France qui tire à 180.000 exemplaires. Je suis aussi photographe free-lance, orientée principalement vers le reportage, mais j’ai aussi réalisé les images de certaines campagnes publicitaires. Je suis, par ailleurs, photographe alternative, principalement tournée vers un travail autour du fétichisme symbolique, qui a pour but de réconcilier les codes de la photographie fetish, la peinture de la Renaissance italienne et le symbolisme.
Une exposition m’a été consacrée il y a deux ans au Musée d’art contemporain de Barcelone, je crois d’ailleurs à avoir été la première photographe fetish à y avoir droit de cité. J’ai gagné le premier prix du festival de photo-journalisme de Melbourne en 2005 (j’étais la première fille transsexuelle à remporter une telle distinction) et j’ai participé à la biennale d’art contemporain de Prague la même année.
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Comment vous est venue l'idée d'être photographe ?
| | Nath Sakura
Curieuse question. C’est comme si vous me demandiez ce qui m’a décidé, à ma naissance, à me mettre à respirer. A vrai dire je l’ignore. La seule chose que je sais c’est que je ne suis pleinement moi-même que dans l’obscurité flashant d’un studio photo ou dans la réalisation des tirages. Que je ne suis vraiment heureuse que lorsque les images qui se cognent dans mon crâne prennent enfin corps et que je me libère de leur étreinte.
Enfant, j’ai toujours été passionnée par les livres de photos, par les illustrations des contes que ma mère me lisait, par l’univers des couleurs dans lequel j’étais baignée. Je pense, encore aujourd’hui, que je ne travaille qu’à essayer de retrouver ces images et ces couleurs. Comme si je redécouvrais à chaque fois les traces oubliées d’une enfance où je fus comblée.
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Avec qui avez-vous déjà travaillé?
| | Nath Sakura
Hmmm, la liste risque d’être longue en ennuyeuse. Aussi je préfère parler de ceux qui, pour une raison où une autre m’ont le marqué.
Il y a d’abord et avant tout Laïka de N. qui est la femme de ma vie et mon modèle permanent, qu’une revue aujourd’hui disparue (Soumises pour ne pas la citer), avait proclamée « la soumise la plus connue de France ». Il y a ensuite Manuel Urquizar, un génial photographe installé à la frontière Suisse qui m’a beaucoup inspirée à mes débuts et qui est resté un grand ami. Christophe Mourthé, avec lequel nous avons commencé à réaliser un livre sur le Shibari. Mina, la petite fetish-model et son compagnon, le talentueux styliste Cœur-Joly, qui sont des intimes et des sources permanente d’image et de plaisir. Sisera, une superbe modèle partie en Australie il y a quelques mois et dont le talent et la puissance m’a frappé avec une douce violence. Robert Chouraqui, le « papa » de tous les photographes fetish hexagonaux, dont la bonhommie et la sincérité n’ont pas de limite. Et d’autres encore, qui à un moment où à l’autre, m’ont illuminé de leur existence.
| | Photos Sexy
Avec qui aimeriez-vous travailler?
| | Nath Sakura
Deux noms me viennent à l’esprit immédiatement, sans doute parce que les projets avec eux sont très avancé : Tancrède Szekely, parce qu’il est, à mes yeux, l’un des plus originaux photographes européens, et Richard Kern, parce qu’il a su trouver, seul et libéré de tout courant photographique, « le ton juste ».
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Dans quel style vous sentez vous le plus a l’aise?
| | Nath Sakura
Le fetish assurément. Le SM évidemment. Pourtant, ceux qui sont habitués à ses codes auront du mal à « retrouver leurs petits » dans mes images, qui sont souvent à la croisée des chemins de multiples influences, avec sans doute, beaucoup trop de distance pour n’être que de la photographie érotique.
| | Photos Sexy
Quels sont vos projets pour cette année ?
| | Nath Sakura
Plusieurs choses sont en train de se finaliser. Il y a d’abord deux expositions (à Lugano (Suisse) et à Alet-les-Bains (France)) autour d’une série de photo réalisées autour du tarot de Marseille. Une version revue et corrigée à la sauce Nath-Sakura ;). Ce tarot sera ensuite imprimé en jeu de carte et publié dans un recueil livrable théoriquement avant la fin de l’année.
Il y a ensuite un travail autour de l’année Vauban. Le musée national de la Marine me donne carte blanche pour mêler mon univers à l’architecture du grand batisseur. Une exposition aura lieu au musée Balaguier de la Seyne sur Mer (Var) de juin à décembre.
Enfin, un recueil intitulé « Passage » sera publié en décembre aux éditions LdP. Il retracera mon parcours photographique de l’année écoulée.
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Je vous laisse le mot pour la fin.
| | Nath Sakura
Rien ne finit jamais, puisque l’on peut naître deux fois, j’en suis la preuve.
| | Photos Sexy
Merci
Emmanuel
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